Analyse politique et économique3 min de lecture
Lettonie : ce que l’élection du 3 octobre change pour les entreprises
Les élections législatives du 3 octobre 2026 donnent une nette avance à Apvienotais saraksts. Le parti du Premier ministre sortant devra pourtant gouverner en coalition. Pour les entreprises, l’essentiel des orientations était engagé avant le scrutin : défense, sanctions, consolidation budgétaire et recentrage de Rail Baltica.
Un résultat net, une participation en recul
Six listes entrent à la 15e Saeima. Les résultats sont provisoires : la Commission électorale centrale (CVK) ne les avait pas encore approuvés au 5 octobre.
| Liste | Voix | Sièges | 2022 |
|---|---|---|---|
| Apvienotais saraksts (AS) | 35,3 % | 41–42 | 15 |
| Latvija pirmajā vietā (LPV) | 13,1 % | 17 | 9 |
| Suverēnā vara / Apvienība Jaunlatvieši | 11,7 % | 15 | 0 |
| Nacionālā apvienība (NA) | 8,9 % | 10 | 13 |
| Progresīvie | 7,9 % | 9–10 | 10 |
| Jaunā Vienotība (JV) | 6,4 % | 7 | 26 |
Deux partis ne franchissent pas le seuil de 5 % :
- ZZS (4,4 %), qui siégeait au gouvernement sortant ;
- Stabilitātei! (2,0 %).
La participation est d’environ 51,7 %, contre 59,4 % en 2022. C’est la plus basse depuis 1993.
La coalition reste à former
La majorité est de 51 sièges. Apvienotais saraksts doit donc s’allier.
Andris Kulbergs a écarté une coalition avec LPV. Avant le scrutin, il avait aussi exclu Suverēnā vara / Apvienība Jaunlatvieši. Il annonce des négociations d’abord avec NA et JV, ses partenaires actuels.
Plusieurs combinaisons sont arithmétiquement possibles :
- AS + NA + JV (58–59 sièges) : la combinaison la plus citée par les politologues lettons.
- AS + NA (51–52 sièges) : une majorité très étroite.
Le Président Edgars Rinkēvičs consulte les partis élus. La nouvelle Saeima se réunit le 3 novembre 2026.
Ce qui devrait rester stable
Plusieurs décisions structurantes ont été prises avant le scrutin :
- Défense : la loi fixe au moins 5 % du PIB à partir de 2027.
- Russie et Biélorussie : la Saeima a étendu le 1er octobre l’embargo aux produits alimentaires. D’autres restrictions nationales existent déjà.
- Rail Baltica : le gouvernement a plafonné le coût à 20 M€ par kilomètre. L’échéance est repoussée à 2034. Un scénario minimal est attendu en décembre.
- Budget : le budget 2027 doit combler un écart de 421 M€. Son adoption est visée avant Noël.
Ce qui pourrait évoluer
Les programmes des partis de la coalition sortante annoncent plusieurs inflexions :
- une fiscalité plus stable, avec moins de révisions fréquentes ;
- des marchés publics simplifiés et une informatique de l’État centralisée ;
- un encadrement plus strict de la main-d’œuvre venue de pays tiers ;
- une révision de la mise en œuvre de la transition verte.
Le détail dépendra de l’accord de coalition et du budget 2027.
Ce que cela signifie pour les entreprises françaises
La contrainte budgétaire va peser sur les nouveaux projets publics. Les secteurs portés par des décisions déjà prises offrent les meilleures perspectives à court terme :
- défense et sécurité ;
- énergie et réseaux électriques ;
- infrastructures, dans une logique de maîtrise des coûts.
Plusieurs entreprises françaises sont directement concernées par Rail Baltica, notamment Eiffage, Systra et Egis. La santé et le numérique méritent un suivi, avec une réforme hospitalière prévue à partir de 2027.
Ce que nous allons suivre
- la formation du gouvernement et la répartition des ministères économiques ;
- le budget 2027 et ses arbitrages sectoriels ;
- le scénario révisé de Rail Baltica ;
- les achats de défense et les projets énergétiques.
CCEF.LV ne prend parti pour aucune formation politique. Cette analyse rapporte les positions publiques des partis et les décisions officielles.
Sources
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